Le duo venu du froid continue de passer l’histoire de la pop au microwave du rock mutant.
Ils ont effleuré le succès à en devenir culte. Pour des revivalistes, ils étaient sans doute un peu trop en avance. Leur garage rock revisitant les belles carrosseries de l’âge d’or de la pop, leurs plastiques, leurs cuirs, ce perfectionnisme scandinave… Ils avaient beaucoup pour réussir autant que les Kills ou Limiñanas. Beautiful maudits fuyant la lumière, ils ont acquis une dimension tragique qui colle parfaitement à leur rétromania bizarre. Ils reviennent enfin du cimetière indé avec un nouvel album chargé de leurs obsessions pour une pop culture toxique. Tels ces végétaux qui attirent leurs proies par la séduction, The Raveonettes nous dévorent via leurs sucreries à mémoire psychédélique. Comme si Kenneth Anger mettait en scène le Festin nu de Williams S.Burroughs avec une touche d’hyper-rock bien actuelle.